Anna Kathleen Eaves
Je suis le mari d’Anna et je vais m'exprimer en son nom, car Ana ne peut pas parler facilement depuis son AVC. Ana vit à Pibrac depuis de nombreuses années. Ses parents, d'origine anglaise, ont travaillé à l'UNESCO à Paris avant de prendre leur retraite anticipée et de monter un pub à Pibrac. Artiste, chanteuse et compositrice, Ana avait créé des spectacles pour enfants intitulés "Le Monde de Deva". Malheureusement, deux mois avant les premières représentations, elle a eu un AVC à l'âge de 26 ans, ce qui l'a laissée aphasique. Son parcours de vie a été bouleversé, mais elle a trouvé des moyens de continuer à s'exprimer et à créer malgré tout.
Pour soutenir ses projets artistiques et l'aider à surmonter son handicap, une association a été créée, "Le Monde de Deva". Cette association a pour but de l'accompagner et de l'aider à retrouver une place dans le monde artistique. Elle permet à Ana de rester connectée à sa passion pour la musique et de collaborer avec d'autres artistes. Nous avons retrouvé des enregistrements de ses chansons, et grâce à des professionnels, nous avons pu finaliser et produire plusieurs albums, sous le projet "Una Music Collection". Ces albums incluent des collaborations internationales et des reprises par divers artistes.
La vie d'Ana a été profondément marquée par la musique, qui est devenue un moyen essentiel de communication et d'expression pour elle. La musicothérapie joue un rôle crucial, car elle permet de surmonter les barrières du langage provoquées par l'aphasie. Par exemple, même si Ana ne peut pas parler couramment, elle est capable de chanter des phrases entières de chansons. La musique a le pouvoir de réveiller des souvenirs mélodiques et de faciliter la communication. Pour Ana, la musique est non seulement un moyen d'expression personnelle, mais aussi un moyen de partage et de connexion avec les autres.
En dehors de son œuvre musicale, Ana est engagée dans plusieurs projets visant à sensibiliser le public à l'aphasie et à aider les personnes handicapées à s'intégrer dans la société. Elle travaille en étroite collaboration avec d'autres associations pour partager des témoignages et des expériences, et pour promouvoir l'inclusion sociale.
Nous avons dû réapprendre à communiquer et à nous adapter à cette nouvelle réalité. J'ai soutenu Ana sans relâche, insistant pour qu'elle reste autonome et intégrée dans notre vie quotidienne. Nous avons fait face à de nombreux défis, mais nous avons également découvert une grande solidarité et un soutien précieux de la part de notre communauté et d'artistes du monde entier.
Ana croit fermement que l'engagement communautaire et les projets de vie sont essentiels pour surmonter les difficultés liées au handicap. À Pibrac, elle a trouvé une communauté riche en associations et en initiatives fraternelles. Bien que des défis subsistants, notamment en termes d'accessibilité, elle est reconnaissante pour les opportunités et le soutien qu'elle a reçus.
Nang Chapuis
« À Pibrac, la fraternité n’est pas qu’un mot, c’est une expérience vécue où l’on s’efforce de comprendre et d’accueillir des personnes de cultures différentes. »
« Prendre soin de quelqu’un ne se résume pas seulement à lui apporter une aide physique ; il s’agit de respecter son passé et de comprendre ses besoins. »
« En communiquant et en partageant nos cultures, nous créons une communauté plus forte et plus unie. »
Arrivée en France il y a cinq ans en provenance du Vietnam, Ngan s'est d'abord installée à Paris, où elle a suivi un Master en gestion de projets. Plus tard, elle s'est installée à Pibrac en raison du travail de son mari, et elle a été immédiatement frappée par la chaleur et la solidarité de la communauté locale. Ces expériences positives ont fait naître chez elle une passion pour aider d'autres nouveaux arrivants à s'intégrer dans la société locale, reflétant son profond engagement envers la communauté.
Forte d'une solide formation universitaire et d'un désir inné de contribuer, elle s'est activement engagée dans diverses activités bénévoles à Pibrac. Elle a participé à une série de stages à la Maison des Citoyens, au commissariat de police local, au théâtre et à la bibliothèque, dans le cadre de son éducation en langue française. Ces expériences ont non seulement amélioré ses compétences linguistiques, mais ont également approfondi sa compréhension de la culture française. Ce voyage l'a incitée à faire du bénévolat à la Maison des Citoyens, où elle joue un rôle essentiel dans l'organisation d'événements qui aident à intégrer les résidents internationaux dans la communauté.
Elle a apporté des contributions significatives à la communauté de Pibrac grâce à sa participation active à diverses initiatives. Elle a joué un rôle déterminant dans l’organisation d’événements culturels qui ont permis aux résidents français de découvrir les traditions vietnamiennes, favorisant ainsi la compréhension et le respect mutuels. Elle a organisé, avec son mari, une dégustation des saveurs du Vietnam à la Maison des Citoyens. Cet événement a reçu un accueil très positif, permettant aux Français de s’immerger dans la culture vietnamienne. Il ne s’agissait pas seulement de faire découvrir des spécialités célèbres du Vietnam, comme le café au cacao et les noix de cajou, mais aussi de partager des histoires riches de sens sur leur pays d'origine.
Reconnaissant les défis que les barrières linguistiques posent à l’intégration, elle s’est activement impliquée dans l’entre-aide des nouveaux arrivants à mieux communiquer et à se connecter avec la communauté locale. En créant des espaces d'échanges et de dialogues culturels, Amitié Internationale Pibrac veille à ce que les nouveaux arrivants se sentent accueillis et soutenus à Pibrac. Ce projet n'est qu'un début, mais il s'inscrit dans un programme à long terme de la Maison des Citoyens de Pibrac, dont les objectifs sont les suivants : favoriser l'accueil et l'intégration des personnes étrangères, créer des liens avec de nouveaux amis internationaux, et tisser de nouvelles amitiés, notamment pour ceux qui se sentent isolés en France. Il s'agit également d'un espace d'échange sur les défis du quotidien, où chacun peut s'entraider pour trouver des solutions, tout en découvrant davantage sur la France : sa culture, son environnement professionnel, et sa vie quotidienne. Les efforts comprennent l'organisation de petits rassemblements où des personnes d'horizons différents peuvent partager des repas, des histoires et des traditions.
Philosophie et valeurs
Ngan est guidée par les valeurs de fraternité, d'entraide et de compréhension , qui sont au cœur de son travail communautaire. Elle croit que la fraternité consiste à considérer les autres comme des frères et sœurs, et qu'elle est essentielle pour construire une communauté forte et cohésive. Ce sens de la fraternité ne se limite pas aux frontières nationales ou culturelles ; c'est un principe universel qu'elle s'efforce d'incarner dans toutes ses interactions.
L'attention est une autre valeur fondamentale pour Ngan. Elle considère l'attention comme un soutien à la fois physique et émotionnel, soulignant l'importance de rencontrer les gens là où ils se trouvent et de respecter leurs différences culturelles. Son approche de l'accueil des nouveaux arrivants est ancrée dans cette valeur, car elle cherche à faire en sorte que chacun se sente vu, entendu et respecté.
La compréhension est le troisième pilier de sa philosophie. Pour Ngan, une véritable intégration passe par une compréhension profonde des cultures et des expériences de chacun. Elle estime que la communication est essentielle pour favoriser cette compréhension et elle travaille sans relâche pour créer des opportunités de dialogue et d'échanges culturels.
Emmanuel Wenner
« Une communauté prospère est une communauté dans laquelle chacun se sent impliqué et valorisé, peu importe depuis combien de temps il est ici. »
« Il est important de briser les barrières entre les résidents de longue date et les nouveaux venus afin que chacun puisse se sentir partie prenante de Pibrac. »
« Les liens intergénérationnels enrichissent notre communauté : lorsque les jeunes et les moins jeunes se réunissent, nous en bénéficions tous. »
Emmanuel Wenner est résident de Pibrac depuis huit ans. Arrivé par hasard, il est rapidement tombé amoureux du charme et de l’esprit communautaire de la ville. Sa vie professionnelle de chef de projet dans le secteur électrique s’accompagne d’un profond engagement dans la vie locale, qui l’a conduit à créer le Comité des Fêtes, une initiative phare visant à favoriser le sentiment d’unité et d’engagement des habitants de Pibrac.
L'expérience professionnelle d'Emmanuel dans la gestion de projets de grande envergure lui a permis d'acquérir des compétences organisationnelles et un esprit stratégique qu'il a mis au service de son travail communautaire. Son parcours dans le service communautaire a commencé par son engagement dans une autre association locale, Act en Rue, qui organise un festival de théâtre de rue chaque mois d'octobre. Grâce à ce travail, Emmanuel a reconnu le potentiel de contribuer plus largement au tissu social de Pibrac, ce qui l'a conduit à prendre l'initiative de relancer le Comité des Fêtes après qu'il ait été en sommeil pendant près de 15 ans.
Sous la direction d'Emmanuel, le Comité des Fêtes a pour objectif de dynamiser la vie associative de Pibrac en organisant une variété d'événements qui rassemblent des habitants d'horizons différents. Parmi les actions clés, on peut citer :
- Organisation d'événements communautaires : Emmanuel a joué un rôle déterminant dans la planification et l'exécution d'événements tels que la fête du village, qui propose des activités culturelles, sportives et familiales conçues pour renforcer les liens communautaires.
- Favoriser l'intégration : Reconnaissant que Pibrac compte un mélange de résidents de longue date et de nouveaux arrivants, la vision d'Emmanuel pour le Comité des Fêtes comprend la création d'opportunités pour que tous les résidents s'engagent les uns avec les autres, favorisant ainsi un sentiment d'appartenance et de soutien mutuel.
- Promouvoir les activités intergénérationnelles : L’un des principaux objectifs d’Emmanuel est de veiller à ce que le Comité des Fêtes serve de plate-forme d’interaction intergénérationnelle, en encourageant la participation de personnes de tous âges et en créant des événements qui plaisent aux jeunes et aux moins jeunes.
La philosophie d'Emmanuel est profondément ancrée dans les valeurs d'engagement communautaire, d'inclusion et d'action. Il croit qu'une communauté prospère est celle où tous les membres se sentent impliqués et valorisés, indépendamment de leur origine ou de la durée de leur présence dans la ville. Son travail avec le Comité des Fêtes est motivé par le désir de créer des espaces où les gens peuvent se réunir, partager des expériences et bâtir une communauté plus forte et plus cohésive.
Pour Emmanuel, l’inclusion signifie abattre les barrières entre les résidents de longue date et les nouveaux arrivants, en veillant à ce que chacun ait la possibilité de participer à la vie de la communauté. Il souligne l’importance des liens intergénérationnels, reconnaissant que combler l’écart entre les différents groupes d’âge enrichit la communauté dans son ensemble.
L'action est un autre pilier de la démarche d'Emmanuel. Il ne se contente pas de discuter des idées, il s'engage à les concrétiser par des actions concrètes et des événements rassembleurs. Son attitude proactive se reflète dans sa direction du Comité des Fêtes, où il encourage la collaboration et l'innovation pour que la vie associative de Pibrac reste vivante et dynamique.
Neus Viala
Neus Viala : Un engagement au service de la fraternité et de la justice sociale
Neus Viala, née Sugrañes en 1943 à Tarragone, en Catalogne, Espagne, a émigré en France dans les années 1960 après son mariage avec Pierre Viala. Installée à Toulouse puis à Pibrac, elle s'est rapidement investie, avec son mari, dans la vie locale en participant à la vie associative et sociale, en particulier avec la création de lieux culturels et sportifs pour les jeunes : club de football de Pibrac et de l'école de musique. Son engagement communautaire s'est poursuivi avec la fondation de l’association Ayllu, destinée à soutenir les artisans péruviens, et en tant que première présidente de Cultures et Communication en 1995, une association visant à promouvoir les relations interculturelles à travers diverses formes d'expression.
Neus, passionnée par l’éducation, a été institutrice en Espagne avant de poursuivre ses études en France, où elle a obtenu une licence et une maîtrise d’espagnol à l’Université Jean Jaurès de Toulouse. Elle a ensuite enseigné l’espagnol, transmettant non seulement des connaissances linguistiques, mais aussi des valeurs de justice sociale, comme en témoignent ses anciens élèves. Désireuse de pousser plus loin sa passion pour la transmission et l'audiovisuel, elle a réalisé une thèse de doctorat, puis a intégré l’École nationale supérieure d’audiovisuel (ENSAV) de Toulouse. À 57 ans, elle obtient son diplôme d’ingénieur-maître en cinéma, marquant ainsi un tournant décisif dans sa carrière.
Le cinéma comme outil de sensibilisation
Neus a mis son talent de réalisatrice au service de la communauté en abordant des thématiques majeures comme l’immigration, les frontières, la guerre civile espagnole, les enfants cachés pendant la Seconde Guerre mondiale, et la justice sociale. À travers ses films, elle a exploré la vie des migrants, des anciens combattants marocains, et des enfants juifs cachés, avec pour objectif de sensibiliser, d’informer et susciter la réflexion et l’action. Ses documentaires sont empreints d’une forte dimension humaine et cherchent à donner une voix aux histoires peu connues ou souvent oubliées.
Engagement pour les droits des migrants
En parallèle, Neus s’est engagée au sein du Cercle des Voisins, une association dédiée à la défense des droits des migrants. Elle milite activement pour les droits des sans-papiers, soutient les parrainages de familles migrantes par des élus, et dénonce les conditions de vie des migrants dans les centres de rétention administrative (CRA).
Des valeurs de fraternité, de solidarité et de justice
Animée par les valeurs de fraternité, de solidarité, et de justice sociale, Neus considère l’accueil comme un acte fondamental de reconnaissance de l’autre. Selon elle, l’intégration repose sur l’écoute et la compréhension mutuelle. La solidarité, pour Neus, implique de soutenir les personnes en difficulté, notamment les migrants qui cherchent une nouvelle vie dans un autre pays. La justice sociale, enfin, est au cœur de son œuvre. Ses films et son implication associative visent à dénoncer les injustices et à inciter au dialogue sur des questions d’actualité, comme les frontières, l’immigration et les droits humains. Lors des présentations de ses derniers films elle remerciait ses contemporains de l’avoir accueillie en France en 1965, et d’avoir pu vivre en République.
Armelle Pages
« L'entraide, c’est se donner mutuellement : je t'aide à faire quelque chose, et toi, tu m'apportes quelque chose en retour. »
« Il suffit juste de venir partager un repas avec nous pour comprendre que la fraternité change la vie. »
« La vie a moins de saveur devant un écran. C'est dans les gestes du quotidien, comme aider quelqu'un, que l'on trouve le véritable sens. »
« Le handicap, ça fait peur, mais derrière ces barrières ces différences, il y a toujours une belle personne. »
Armelle Pages, 47 ans, réside à Pibrac et est la fondatrice de l'association Simone de Cyrène à Toulouse. Mère de quatre enfants, son parcours professionnel s’étend de la finance à l’humanitaire. C'est avec une conviction grandissante qu'elle s'est engagée à lutter contre l'isolement des personnes en situation de handicap en créant cette association.
Forte d'une carrière diversifiée, combinant des responsabilités dans le secteur financier avec des missions humanitaires, Armelle a ressenti, à un moment clé de sa vie, le besoin de se tourner vers un projet de solidarité qui ait un réel impact. Grâce à ses compétences entrepreneuriales, elle a mis en place l'association Simone de Cyrène, répondant à un besoin local d'inclusion sociale et favorisant la création de liens au sein de la communauté.
L'association Simone de Cyrène a pour mission principale de rompre la solitude des personnes en situation de handicap à travers deux actions clés :
- Redonner confiance aux participants en leur offrant un espace d'expression et de participation active.
- Créer des maisons partagées où cohabitent des personnes en situation de handicap et des personnes valides. Les personnes valides, salariées de l'association, fournissent au quotidien dans les gestes essentiels de la vie, favorisant ainsi une relation de réciprocité et de fraternité.
Armelle Pages souligne l'importance de l'entraide mutuelle dans son approche : "Je t'aide à faire quelque chose et toi, tu vas aussi m'apporter quelque chose". Cette philosophie de réciprocité est au cœur de l'association, créant un environnement où chacun, valide ou en situation de handicap, apporte et reçoit dans un esprit de fraternité.
Armelle incarne les valeurs de fraternité, d'audace et d'engagement communautaire. Elle encourage les autres à oser prendre des risques pour apporter du sens à leur vie, tout en soulignant que cet engagement peut transformer non seulement la vie des personnes qu'on aide, mais aussi celle de ceux qui le fournissent. Pour elle, le véritable accomplissement réside dans la continuité et l'unité de son engagement tout au long de sa vie.
Amandine Duplat Ruaux
« C’est essentiel pour moi d’aller vers les autres, leur donner quelque chose et les aider. »
« Même si nos actions individuelles ne changent pas le monde, si tout le monde fait quelque chose, on peut améliorer beaucoup de choses. »
« S'engager, c’est exprimer ce qui nous tient à cœur et faire de nos actions des gestes citoyens. »
Amandine Ruaux Duplat est une élève de troisième, connue pour sa gentillesse et son sens de l'humour malgré sa nature discrète. En plus d'exceller dans ses études, elle aime jouer du piano, pratiquer du sport, et se promener dans la nature. Bien que réservée, Amandine a pris des responsabilités au sein de son collège et dans sa communauté, animée par une envie sincère de faire une différence positive dans la vie des autres.
Amandine est membre active du Conseil de Vie Collégienne (CVC) de son établissement. Ce groupe d’élèves organise des événements comme le carnaval ou la vente de chocolat chaud à Noël, dans le but de renforcer la convivialité au sein du collège. Son envie de créer des moments de joie pour ses camarades et professeurs est la motivation première qui l'a poussée à rejoindre le CVC.
En dehors de l’école, Amandine est également engagée dans des actions de solidarité à travers des maraudes à Toulouse, où elle distribue nourriture et vêtements aux sans-abri. Elle contribue également à l'initiative Resto Bébé, en collectant des petits pots pour bébés au bénéfice de familles en difficulté. Son implication dans ces actions montre son dévouement à aider les plus vulnérables et à sensibiliser les jeunes à la solidarité.
Amandine joue un rôle central dans l'organisation d'événements qui rassemblent la communauté scolaire. Ces moments festifs permettent de renforcer les liens entre les élèves et le personnel, créant un environnement bienveillant et solidaire. À travers les maraudes, Amandine apporte réconfort et soutien aux sans-abri en leur offrant nourriture et chaleur humaine. Avec le projet Resto Bébé, elle contribue à améliorer les conditions de vie des bébés et de leurs familles en situation de précarité. Amandine a également participé à la Foulée Salienne, une marche solidaire qui a permis de récolter des fonds pour une association qui forme des chiens d’assistance pour les personnes en situation de handicap. Cet événement a mobilisé toute l’école autour de la cause de la solidarité.
Les engagements d’Amandine sont guidés par des valeurs fortes telles que la fraternité, la solidarité, et l'action. Pour elle, la fraternité se manifeste à travers l’entraide, qu’il s’agisse d’aider un ami à faire ses devoirs ou de tendre la main aux personnes en difficulté. Amandine voit la fraternité comme un lien actif, un geste de générosité sans contrepartie. La solidarité est également un principe fondamental dans la manière dont Amandine perçoit son rôle dans la société. Elle croit fermement que des actions collectives peuvent changer les choses, que ce soit dans le cadre scolaire ou dans ses projets caritatifs. En s’impliquant dans des initiatives comme les maraudes ou la Foulée Salienne, elle met en lumière l’importance de se mobiliser ensemble pour une cause commune. Amandine ne se contente pas de bonnes intentions ; elle passe à l’action en participant activement à des projets concrets. Que ce soit à travers son travail au CVC ou ses activités de bénévolat, elle agit toujours avec l’objectif d’améliorer le quotidien des autres.
Amandine incarne les valeurs de fraternité, de solidarité, et de passage à l’action. Par ses engagements au collège et au-delà, elle inspire les autres à s'impliquer et à œuvrer pour un monde plus solidaire. Son parcours montre que même à un jeune âge, il est possible d’avoir un impact significatif sur sa communauté, et que chaque petit geste compte pour apporter du bonheur autour de soi.
Héloïse Blachon
« Accueillir est important pour moi, cela fait du bien d’être accueilli, et c’est essentiel d’offrir cet accueil aux autres. »
« Accueillir les autres, c’est leur montrer qu’ils ont une place, qu’ils sont les bienvenus. »
« S’engager n’est pas toujours facile, mais il faut persévérer. Aller au bout, malgré les difficultés, rend encore plus heureux et fier d’avoir pu aider. »
Héloïse Blachon, élève de troisième et habitante de Pibrac, est une jeune fille dynamique et engagée. Elle aime lire et fait partie d'un groupe de scoutisme, où elle apprécie la liberté et l'autonomie qu'elle y trouve, notamment en évoluant au sein d'un groupe de filles de son âge. À travers ses engagements divers, Louise a su développer des liens solides avec son entourage et la communauté de Pibrac, qu’elle apprécie pour sa convivialité et son cadre de vie.
Héloïse est particulièrement active dans la vie de son collège et dans sa communauté. En tant qu'éco-déléguée, elle participe à des actions visant à sensibiliser ses camarades aux questions environnementales, notamment par la gestion d’un potager scolaire et la réduction des déchets à la cantine. Elle est également membre du Conseil de Vie Collégienne (CVC), où elle contribue à l’organisation d’événements festifs pour améliorer la vie scolaire.
En dehors de ses engagements scolaires, à travers les maraudes, Héloïse apporte une aide précieuse aux sans-abris de Toulouse. Cette expérience l'a sensibilisée aux difficultés que rencontrent les personnes en situation de précarité, renforçant ainsi son envie de s’engager davantage pour les autres.
En tant qu’éco-déléguée, Héloïse a contribué à la mise en place d’actions concrètes pour réduire les déchets et promouvoir le respect de l’environnement au sein de son collège. Ses efforts pour sensibiliser ses camarades témoignent de son engagement pour un avenir plus durable. Héloïse joue un rôle actif dans les rencontres avec les résidents de l’EHPAD de Pibrac. Ces échanges avec les personnes âgées lui permettent de renforcer les liens entre les générations et d'apporter du réconfort à des personnes souvent isolées.
Héloïse est guidée par les valeurs d’accueil, d’entraide, et de persévérance. Accueillir les autres est essentiel pour elle, car elle-même a connu des difficultés à se faire des amis à son arrivée à Pibrac. Son expérience personnelle l'a sensibilisée à l'importance de créer un environnement inclusif et bienveillant où chacun se sent le bienvenu. L’entraide est au cœur de ses engagements. Héloïse considère qu’il est fondamental de s’entraider, non seulement pour surmonter les obstacles, mais aussi pour créer une communauté solidaire où chacun peut compter sur les autres en cas de besoin. Cette valeur est particulièrement présente dans ses actions au sein du CVC et lors des maraudes. La persévérance est une autre valeur importante pour Héloïse. S’engager n’est pas toujours facile, et cela peut parfois être décourageant, mais elle croit fermement qu’il est essentiel de continuer à aider, même face aux difficultés.
Coline Ricottier
« Nous sommes tous dans le même bateau, alors autant nous entraider pour sortir des difficultés ensemble. »
« Je n’abandonne jamais, même si c'est difficile. Je vais toujours au bout pour essayer d'aider les autres. »
« Agir, c’est laisser une partie de soi dans chaque expérience, tout en aidant les autres. »
Coline Ricottier, âgée de 14 ans, est une jeune fille connue pour sa grande sensibilité et son empathie naturelle. Elle se décrit comme quelqu'un qui aime profondément aider les autres, à tel point que cela influence toutes ses actions. Élevée dans un environnement familial où l’entraide est valorisée, Coline est engagée dans des activités solidaires depuis son plus jeune âge. Elle a grandi à Pibrac, une ville qu'elle affectionne particulièrement pour son atmosphère conviviale et communautaire.
Coline est activement impliquée dans des initiatives d’entraide et de soutien à Pibrac et dans son collège. L’une de ses contributions les plus marquantes est sa participation au programme des 3e engagés, où elle passe du temps à la maison de retraite Les Patios de la Houlette. Cette expérience, bien qu'émotionnellement éprouvante, l’a profondément marquée et lui a permis de renforcer son engagement pour les autres. Elle a même choisi de faire son stage de découverte de 3e au sein de cette maison de retraite, afin de rester proche des résidents et de continuer à les soutenir.
En parallèle, Coline consacre plusieurs heures par semaine à du tutorat auprès des élèves de 6e, les aidant à surmonter leurs difficultés scolaires tout en les rassurant sur leur avenir. Cette action lui permet d'utiliser ses compétences académiques pour le bien des autres, renforçant ainsi son sens de la justice et de l’équité.
L'expérience de Coline à la maison de retraite a été marquante pour elle. Elle a pu observer la détresse émotionnelle des résidents et leur offrir du réconfort à travers sa présence bienveillante. Bien que difficile sur le plan émotionnel, cette expérience lui a confirmé l'importance d'apporter de la joie et de l'attention à ceux qui sont isolés. En tant que tutrice, Coline aide les élèves de 6e à remonter leur niveau scolaire. Cette action traduit son désir d’aider les plus jeunes à avoir confiance en eux et à ne pas se sentir laissés pour compte. Elle prend le temps de les écouter et de les conseiller, contribuant ainsi à leur bien-être scolaire et personnel.
Les engagements de Coline sont guidés par les valeurs de fraternité, de persévérance, et d'action. Pour elle, la fraternité est essentielle dans la vie en société, car elle repose sur l’entraide mutuelle et le soutien. Coline croit que, dans les moments de difficulté, nous devons nous serrer les coudes et avancer ensemble. Cette idée d'unité et de solidarité est au cœur de son engagement. La persévérance est une autre valeur centrale pour Coline. Elle n’abandonne jamais, même lorsqu’elle se trouve face à des situations émotionnellement lourdes ou des défis personnels. Elle est déterminée à apporter de l’aide et du soutien, convaincue que chaque petit geste compte. Enfin, l’action est pour Coline le moyen d’incarner ses valeurs. Elle ne se contente pas de penser à ce qu’elle pourrait faire pour aider ; elle agit concrètement pour faire une différence dans la vie des autres.
Fabrice Bastié
« La fraternité, elle se vit avec ceux qui sont dans la détresse. »
« Je ne pourrais pas vivre sans engagement. Sans engagement, j'appelle ça, perdre mon temps, de gaspiller ma vie. »
« La fraternité, nous rappelle que nous faisons partis de la même famille, nous sommes semblables malgré nos différences. »
« C'est un devoir, la fraternité. On a des droits, mais notre devoir, c'est d'être fraternel. C'est une valeur de la République. »
Fabrice Bastié, retraité et père de cinq enfants, est un homme profondément engagé dans plusieurs actions associatives, particulièrement dans le domaine de l'aide aux plus démunis et de la réinsertion sociale. Il vit à Pibrac, où il mène une vie active en tant que viticulteur et producteur d'Armagnac dans une propriété des Landes ainsi qu’une activité dans les jardins et notamment l'aide à l'entretien des espaces verts de plusieurs communautés religieuses, tout en poursuivant un engagement de longue date dans différentes associations. Son parcours spirituel a marqué son engagement humanitaire et il fait de la fraternité un moteur essentiel de ses actions.
Fabrice Bastié s'investit depuis plus de 33 ans dans l'association Notre-Dame des Frères de la Rue, qui a été fondée à Toulouse pour venir en aide aux personnes sans domicile fixe et marginalisées. Cette association s'engage aussi à relever la personne dans le sens le plus vertical possible et lui annoncer la Bonne Nouvelle. Chaque jeudi, il participe à des distributions de nourriture et de colis aux plus démunis. Son action a évolué avec le temps, la population aidée ayant changé, passant d'une majorité de sans-abris locaux à des migrants non francophones, ce qui a rendu l'accompagnement plus complexe. Malgré ces défis, il persiste à maintenir cette mission de soutien moral et matériel, notamment en apportant une aide alimentaire et un soutien aux factures et loyers des personnes en difficulté.
En plus de son travail dans cette association, Fabrice est aumônier des prisons depuis environ six ans, où il intervient régulièrement dans les maisons d'arrêt de Toulouse et de Muret. Il décrit cette mission comme très enrichissante, soulignant que les détenus, souvent brisés par leur expérience carcérale, trouvent un réconfort dans la rencontre spirituelle. Il les aide à retrouver une forme de rédemption et d'amitié, et il témoigne de l'impact positif de ces échanges, qui apportent de véritables « fruits » de transformation personnelle.
Enfin, il organise des maraudes en hiver pour distribuer des soupes et des vêtements aux sans-abris, en collaboration avec les Restos du Cœur et l'école St Jean Baptiste de la Salle, impliquant ainsi des jeunes dans cette action. L’engagement de ces jeunes est porté par les valeurs de l’Evangile, « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Mt 25,40 et St Vincent de Paul dit " Les pauvres sont nos maîtres". Pour lui, cette activité humanitaire permet aux jeunes de trouver un sens à leur engagement spirituel dans une société qui, selon lui, a perdu certains repères de solidarité.
Les valeurs portées par Fabrice Bastié sont nombreuses. La fraternité est au cœur de son engagement. Il la considère comme un lien essentiel, en particulier avec ceux qui sont dans la détresse. Pour lui, la fraternité dépasse les clivages sociaux, religieux ou culturels, et doit être un pilier de la société. Il regrette que cette valeur soit souvent mise à mal dans le contexte actuel, où l'individualisme et les inégalités prennent le dessus.
Fabrice souligne l'importance de la fidélité dans ses engagements, malgré les difficultés et les moments de lassitude. Il exprime la conviction que persévérer dans ses engagements est nécessaire pour créer un véritable impact. Il lie cette fidélité à un devoir moral, à la fois envers les autres et envers soi-même.
Pour Fabrice, la fraternité est une valeur qui devrait être le "terreau" de notre société, permettant de promouvoir la liberté, l'égalité et le respect de chacun. C’ est une valeur essentielle qui doit se vivre dans les actes concrets de la vie quotidienne, particulièrement envers les plus démunis. Il la considère comme un devoir fondamental, une responsabilité sociale qui dépasse les simples mots pour s'incarner dans des actions concrètes et altruistes.
Pour Fabrice, la fraternité doit se manifester principalement envers ceux qui sont dans la détresse, comme les sans-abris, les migrants ou les prisonniers. Il la voit comme une forme de solidarité active, où chacun a le devoir d'aider les plus vulnérables. Il souligne l'importance de se mettre au service des autres de manière désintéressée, rappelant que sans l'action des associations comme Notre-Dame des Frères de la Rue, la situation sociale serait bien plus dramatique. La fraternité devient donc un pilier de l’humanitaire, en réponse à des besoins matériels (alimentation, logement, vêtements).
Christine Locatelli
« La fraternité, c’est le contraire de la guerre. Fraterniser, c’est créer des liens, aller vers l’autre et ne pas avoir peur des différences. »
« On a tous quelque chose à apprendre des autres, et la fraternité nous pousse à découvrir ces richesses. »
« Il est essentiel que chacun ait les mêmes opportunités, peu importe d’où il vient. L’égalité des chances est ce qui permet à une société de grandir ensemble. »
« La tolérance, c’est apprendre à connaître l’autre pour mieux comprendre ses différences. C’est ce qui nous aide à vivre ensemble, sans peur ni méfiance. »
Christine Locatelli est une retraitée passionnée et engagée, habitant Pibrac depuis plus de 20 ans. Originaire de la région parisienne, elle a vécu pendant 40 ans en Seine-Saint-Denis avant de s’installer à Pibrac avec son mari. Enseignante de formation, elle a travaillé comme professeur des écoles puis comme documentaliste dans un collège. Depuis sa retraite, Christine continue d'œuvrer pour la communauté locale en donnant des cours de français langue étrangère (FLE), tout en restant profondément attachée aux valeurs de tolérance et de diversité qu’elle a acquises durant son expérience en Seine-Saint-Denis. Christine Locatelli a toujours été animée par un fort sens de l'engagement. Dès son arrivée à Pibrac, elle s’est investie dans des associations, notamment la FCPE, où elle a occupé des rôles importants pour améliorer la vie scolaire des élèves de la maternelle au lycée. Sa passion pour l'éducation et la transmission s'est poursuivie après sa retraite à travers ses cours de FLE, où elle aide les nouveaux arrivants à s’intégrer en leur enseignant le français de manière pratique et adaptée à la vie quotidienne.
Dans ces cours, Christine adopte une approche active, avec des jeux et des dialogues basés sur des situations de la vie courante, comme faire des courses ou aller chez le médecin. Cette méthode, tout en favorisant l’apprentissage linguistique, encourage également la tolérance et l’entraide entre les participants, venant de divers horizons culturels. Christine utilise son expérience en tant que professeure pour accompagner les nouveaux arrivants dans leur intégration, en mettant l’accent sur des compétences pratiques. Son engagement permet de faciliter l’insertion des élèves dans la société française, tout en renforçant les liens entre les cultures. Ayant vécu dans un environnement très diversifié en Seine-Saint-Denis, Christine valorise le partage interculturel. Elle est convaincue que la diversité est une richesse et promeut cette idée à travers son travail. Elle s'efforce de créer un climat d’entraide et de compréhension mutuelle, où chaque élève peut s'exprimer librement et apprendre des autres.
Christine Locatelli est profondément guidée par les valeurs de fraternité, d’égalité des chances, et de tolérance. Elle voit dans la fraternité un moyen essentiel de créer des liens entre les individus, en particulier dans un contexte où les différences culturelles peuvent parfois créer des incompréhensions. Pour elle, fraterniser signifie dépasser les peurs et aller vers les autres pour construire une société plus ouverte et solidaire. L’égalité des chances est également un moteur important pour Christine. Elle croit fermement que chacun devrait avoir les mêmes opportunités, indépendamment de son origine ou de son parcours. C’est cette conviction qui la pousse à s'engager dans l'enseignement du FLE, afin de donner aux étrangers les outils nécessaires pour réussir et s’intégrer pleinement dans la société française. Enfin, la tolérance est une valeur qu’elle défend avec ferveur. Ayant grandi dans un milieu où la diversité culturelle était omniprésente, Christine a toujours prôné l’idée que la connaissance des autres et de leurs différences est la clé pour lutter contre les préjugés et favoriser l’inclusion. Pour elle, la tolérance passe par l’apprentissage et la rencontre de l’autre.
Clémence Chevrel
« La fraternité c'est tous les jours, c'est dans les salles de classe c'est toujours quand on fait attention aux gens qui nous entourent. »
« La sororité, pour moi, c'est entre femmes. Nous apprenons beaucoup avec les femmes qui nous entourent. »
Clémence Chevrel, est une élève au Collège du bois de la Barthe, a participé au Concours National de la Résistance et de la Déportation où elle a obtenu le 1er prix. Grâce à l'encouragement de sa professeure d'histoire-géographie, Madame Lartigue, elle s'est investie dans un travail de recherche sur la résistance à la déportation en France et en Europe, suivant un plan proposé qui portait sur les différentes formes de résistance avant, pendant, et après la déportation. Clémence a particulièrement travaillé sur les résistances individuelles et collectives, notamment en étudiant des villages qui ont résisté, comme Moissac.
Son engagement dans ce concours reflète une démarche de mémoire et de transmission. En étudiant les témoignages de résistants et en rédigeant un développement construit, elle a cherché à comprendre et à faire comprendre ce qui pouvait motiver des personnes ordinaires à prendre des risques extraordinaires pour aider des juifs persécutés. Elle souligne que, pour ces personnes, ces actes, bien que dangereux, leur semblaient naturels et « justes », malgré les lois en vigueur à l'époque qui criminalisaient ces comportements.
Clémence voit dans la fraternité d’abord des valeurs d’engagement et de transmission. Pour elle, la fraternité est une question d’entraide quotidienne, de solidarité face aux besoins des autres. Elle considère que ces valeurs sont centrales, mais reconnaît que la société actuelle, malgré ses progrès, a encore beaucoup de chemin à faire, notamment face aux discriminations comme l'antisémitisme, les violences faites aux femmes, et le racisme.
La sororité est pour elle une valeur différente de la fraternité. Pour Clémence, dans le langage courant, la fraternité est entre tous les êtres humains alors que la sororité est uniquement entre femmes, notamment par l'entraide et la transmission des savoirs et des expériences. Pour Clémence, la fraternité est une valeur que l'on vit au quotidien, dans les petites actions de solidarité, mais nous devons encore faire des efforts dans la société actuelle.
Clémence exprime une profonde inquiétude pour l'avenir de la planète, en particulier en ce qui concerne le réchauffement climatique. Elle estime que c'est un enjeu majeur auquel il faut s'attaquer dès maintenant, car, selon elle, la situation ne s'améliore pas. Elle remarque que beaucoup de gens ne veulent pas voir la gravité du problème ou choisissent de l'ignorer. Cependant, elle souligne que la jeunesse semble plus mobilisée sur cette question que les adultes, notamment à travers les manifestations pour le climat et les initiatives éducatives, comme les éco-délégués dans les collèges. Elle insiste sur le fait que cette génération est déjà plus sensibilisée et éduquée à faire attention à son environnement dans la vie de tous les jours.
Nous abordons avec elle la question des réfugiés climatiques, ces personnes forcées de quitter leur pays à cause de conditions de vie insoutenables, comme l'absence d'eau ou des températures extrêmes.
Même si Clémence ne se considère pas comme personnellement engagée dans ce combat, elle reconnaît que l'action est nécessaire dès maintenant pour préserver l'avenir, et elle reste préoccupée par l'inaction de la société. Sans engagement, nous risquons de laisser se produire les malheurs, et, sans mémoire, sans se souvenir de nos actions passées, nous risquons de reproduire les erreurs des époques précédentes. Et c’est ce que Clémence a voulu montrer, l’importance de cet engagement et de cette mémoire à travers la résistance.
Augustin Coello-Vera
Augustin jardinier du temps
« La nature s'organise certes avec la loi du plus fort, mais avec un équilibre collectif pour que chacun trouve son bonheur. »
« La nature nous apprend le temps. Notre fraternité avec la nature c’est de la patience et du respect des rythmes naturels. Voilà la vraie sagesse. »
« La nature cherche d’abord son bonheur et cela passe par un équilibre entre chaque plante. »
Agustín, enfant d'une île des canaries à la fois rude et magique, a grandi dans un paysage où la nature imposait sa loi, façonnant son caractère et sa vision du monde. Cette île, refuge de diversité, a nourri en lui une relation intime avec la terre, les arbres, et les mystères qu'ils abritent. Bien que sa carrière ait commencé loin de la botanique, dans les domaines de la physique et de l'ingénierie, il a toujours gardé cette passion pour la nature, pour ces mondes secrets que l'on ne peut comprendre qu'en les écoutants, en les respectant. A Pibrac Augustin a créé un arboretum-jardin remarquable, véritable œuvre d'art naturelle. Avec plus de 700 variétés d'érables, ainsi que des chênes, des fleurs, des fougères, des écureuils et des oiseaux, cet espace magnifique entoure sa maison d'un écrin de verdure. Son attention et son soin pour l'environnement naturel révèlent une grande sensibilité envers le monde. Il partage sa philosophie de la vie proche de la nature avec les jeunes en quête de sens qui viennent à sa rencontre, comme les "workawayers". Il leur offre bien plus que des conseils botaniques : il leur ouvre les portes d'un monde où l'on apprend à écouter, à ralentir, à comprendre le langage secret des arbres. En travaillant la terre à ses côtés, ils s'immergent dans un rythme naturel et prennent soin d'eux-mêmes en prenant soin des plantes.
Dans ce havre de paix, Agustin offre plus que des connaissances botaniques aux jeunes qui viennent à sa rencontre. Il leur ouvre les portes d'un monde où l'on apprend à écouter, à ralentir, et à comprendre que chaque arbre, chaque plante a sa propre manière de communiquer. Ici, le travail manuel n'est pas seulement un moyen de cultiver la terre, mais une voie pour cultiver l'âme. Ces jeunes, en quête de sens, trouvent un lieu où le temps s'étire, où l'action se mesure à la patience. Travailler la terre avec Agustin, c'est s'immerger dans un rythme naturel, où l'on ne peut forcer ni précipiter les choses. Il leur montre qu'en prenant soin des plantes, ils prennent aussi soin d'eux-mêmes.
Mais au-delà du travail et du ressourcement personnel, Agustin leur transmet une forme plus subtile de fraternité : celle que l'on trouve dans la communauté des arbres, cette société invisible qui communique en silence, partageant leurs ressources pour le bien commun. Il leur enseigne que la nature, dans toute sa splendeur, est un modèle de solidarité et de partage. Tout comme les arbres s'entraident, se relayent et s'enrichissent mutuellement, les humains, en travaillant ensemble, peuvent trouver leur place dans une fraternité universelle.
Ce partage avec la nature devient un autre mode de vie, une autre forme de fraternité, plus silencieuse mais plus profonde. Dans ce jardin, il n'y a pas de place pour l'individualisme ; les jeunes apprennent à être à l'écoute des uns des autres, à s'entraider dans leur quête de sens, tout comme les arbres échangent des informations vitales pour leur survie. Agustin leur montre qu'il existe une autre voie, loin de l'agitation du monde moderne : celle du respect mutuel, de l'écoute, et de la fraternité que l'on tisse patiemment, en prenant soin de chaque être vivant.
Ainsi, son jardin devient bien plus qu'un lieu de passage : il est un espace de transformation, où les jeunes découvrent non seulement la beauté de la nature, mais aussi la beauté des liens humains fondés sur le respect, l'humilité et le partager. Dans cette communauté silencieuse des arbres, ils trouvent une fraternité nouvelle, enracinée dans la sagesse de la nature et dans l'écoute des autres.
Léa Pastor
« Peu importe la couleur de peau ou l'origine de la personne, la fraternité c'est être frère sans peur. »
Léa Pastor, directrice d'une association œuvrant pour la réinsertion des personnes en difficulté sociale à Pibrac, incarne un engagement profond envers les valeurs de solidarité et de fraternité. Dans son approche, la fraternité ne se limite pas à un idéal théorique, mais se traduit par des actions concrètes, menées avec compassion et persévérance.
Avec un double master en droit de la santé et en gestion des organisations sociales, Léa Pastor a toujours été tournée vers le secteur social. Ses engagements sont issus de son éducation, marqués par des valeurs républicaines fortes, notamment la solidarité et l'entraide. Sa famille, en particulier son grand-père, ancien combattant, et sa mère, directrice d'hôpital, lui ont transmis ces vifs. Aujourd'hui, elle met ces principes en pratique au quotidien à travers son association qui aide des publics divers — bénéficiaires du RSA, mères isolées, réfugiés, seniors, jeunes — à retrouver une stabilité professionnelle et sociale.
Léa Pastor développe une vision de la fraternité profondément ancrée dans le concret et l'action. Elle explique que la fraternité, pour elle, n'est pas seulement un concept abstrait, mais un principe à mettre en œuvre chaque jour : « Si on agit pas et qu'on a pas des actes pour être dans cette optique-là, on ne travaille pas vraiment sur la fraternité. » La fraternité s'exprime pour Léa à travers des actions collectives, de la coopération entre différents acteurs sur le territoire, et une volonté constante d'aider autrui à s'élever. Son association fonctionne grâce à un maillage étroit entre des partenaires divers, des bénévoles, et les personnes qu'elle accompagne, créant ainsi une véritable dynamique communautaire basée sur l'entraide.
Pour Léa, la frontière entre fraternité et solidarité est mince. Elle estime que ces deux valeurs se complètent : « On est vraiment sur des dispositifs qui ont été construits par des bénévoles dans les valeurs de la solidarité et de l'aide au prochain. » Son travail repose sur la conviction que les personnes en difficulté ne sont pas uniquement des bénéficiaires passifs d'aides, mais des acteurs de leur propre redressement, avec l'aide de la communauté.
Léa insiste sur l'importance de l'accueil dans son travail. Pour elle, l'accueil est un acte fondamental de fraternité : « Nous sommes ouverts à tout le monde, et on accueille tout le monde. » Elle raconte que son association est conçue pour ne rejeter personne, et que cet accueil inconditionnel est essentiel dans la lutte contre l'exclusion sociale. Pour elle, la fraternité commence dès lors que l'on tend la main à ceux qui sont en difficulté, leur permettant de se sentir à de nouveaux acteurs de leur propre vie.
Son attachement à l'idée de fraternité est également ancré dans sa propre histoire familiale. Elle raconte comment son arrière-grand-père, résistant à Franco, a trouvé refuge en France : « Si la France n'avait pas accueilli mon arrière-grand-père, résistant à Franco, peut-être que nous serions tous morts en Espagne. » Cette expérience personnelle la pousse à insister sur l'importance de l'accueil et de la fraternité dans la construction d'une société solidaire et juste. Elle rappelle que la France est une terre d'accueil, et qu'il est essentiel de ne pas perdre cette valeur fondatrice : « La France est terre d'asile, la France des Lumières, et ça c'est très important de ne pas l'oublier. »
Léa observe que, dans son travail, la fraternité permet aussi de renforcer la résilience des personnes qu'elle accompagne. En leur offrant des opportunités de réinsertion, elle témoigne du pouvoir transformateur de l'entraide. Elle cite des exemples de personnes ayant traversé des situations de vie extrêmement difficiles, mais qui ont pu, grâce à cet accompagnement solidaire, se reconstruire. Elle mentionne notamment « une jeune femme avec quatre enfants, dont une en situation de handicap, qui a su donner une formidable leçon de vie en surmontant les obstacles. »
Elle souligne aussi l'importance de ne pas avoir peur de l'autre, une peur qu'elle juge trop présente dans la société actuelle : « Peu importe la couleur de peau, l'origine, la fraternité c'est être frère sans peur. » Cette phrase résume bien sa vision d'une fraternité inclusive, qui transcende les différences et cherche à créer un espace de solidarité où chacun peut trouver sa place.
Léa Pastor nous montre une fraternité vécue au quotidien à travers son engagement dans l'accompagnement des personnes en difficulté. Pour elle, la fraternité est indissociable de l'action et se concrétise par l'accueil, l'écoute et l'entraide. Pensant des ponts entre les individus, elle aide à créer une société plus solidaire et plus juste, où chacun a une chance de se reconstruire et de bâtir s'épanouir. Sa propre histoire, ainsi que celle des personnes qu'elle accompagne, démontre la force.
Esteban Grosmort
« Nous avons toujours besoin de quelqu'un pour nous aider et nous confier. »
« La fraternité, c'est aller vers les autres, créer des connexions authentiques et sincères. »
« Beaucoup parlent, mais peu agissent vraiment. Il est essentiel d'agir plutôt que de simplement discuter. »
« Agir fait du bien, pas seulement aux autres, mais aussi à soi-même. »
Esteban Grosmort, 14 ans, est un élève de troisième particulièrement sensible à l’entraide et au bien-être des autres. Depuis son plus jeune âge, Esteban a montré un intérêt naturel pour aider les personnes dans le besoin. Inspiré par sa mère et sa sœur, qui s’impliquent régulièrement dans des actions bénévoles, il a développé un fort sentiment de solidarité et de fraternité. Aujourd'hui, il met en pratique ces valeurs à travers plusieurs engagements communautaires, à Pibrac et dans sa commune d'origine, Mondonville. Esteban est très impliqué dans la vie de sa communauté. Il est membre du Conseil municipal des jeunes (CMJ) de Mondonville, où il participe à des projets de récoltes de fonds et d’actions solidaires en collaboration avec le Secours Populaire. Il est également actif au Centre d’Accueil des Jeunes (CAJ), où il organise des rencontres et des initiatives de solidarité pendant les vacances.
Au sein de son collège à Pibrac, Esteban s'est engagé dans les "3e engagés", une initiative qui le voit participer à des maraudes pour venir en aide aux sans-abris, notamment en distribuant des vêtements et des chaussures. Il a d’ailleurs pris l’initiative d’organiser une collecte de vêtements neufs grâce aux contacts de sa mère. Son engagement ne s'arrête pas là, puisqu'il participe également à des projets intergénérationnels à l'EHPAD de Pibrac, où il a su tisser des liens avec les résidents, offrant réconfort et chaleur humaine.
En prenant part aux maraudes, Esteban contribue activement à améliorer le quotidien des personnes sans domicile. En organisant une collecte de vêtements, il a su faire preuve d'initiative pour répondre à un besoin crucial dans sa communauté. Grâce à son travail auprès des personnes âgées, Esteban aide à briser l’isolement des résidents de l’EHPAD, créant des moments de partage et de convivialité. Il a particulièrement su fraterniser avec certains résidents, offrant non seulement une présence, mais également une amitié précieuse.
Les valeurs qui guident l’engagement d’Esteban sont l’entraide, la fraternité, et l’action. Il est profondément convaincu que l'entraide est essentielle pour surmonter les obstacles, qu'ils soient personnels ou collectifs. Pour lui, personne ne devrait rester seul, et chacun doit pouvoir compter sur le soutien des autres. La fraternité est au cœur de ses actions. Esteban croit en l'importance de créer des liens avec les autres, notamment avec ceux qui sont souvent isolés, comme les sans-abris ou les personnes âgées. Il voit la fraternité comme un moyen de se sociabiliser et de se rapprocher des autres, au-delà des différences. Pour lui, l'authenticité est essentielle dans cet engagement : il faut être sincère et agir par conviction, et non par obligation.
Gorigia Ferrogalini
« Fraterniser, c’est répondre à ce besoin universel de se sentir connecté et soutenu par les autres. »
« Assembler des personnes de différentes origines sociales ou âges et les unir, c’est créer quelque chose de plus grand, c’est faire un commun. »
« L'inclusion est essentielle, car chacun mérite d'être intégré et valorisé, peu importe ses différences. »
Giorgia Saviano, 15 ans, est une adolescente italienne originaire de Turin, ayant vécu à Paris pendant huit ans avant de s'installer à Pibrac il y a cinq ans. C’est une personne solaire, déterminée et sociable, toujours prête à voir le bon côté des choses. En tant qu’étrangère vivant en France, Giorgia a trouvé dans l’engagement une manière de s’intégrer et de contribuer activement à la communauté. Son parcours de vie, marqué par son double héritage culturel et son désir de se sentir connectée aux autres, reflète son engagement constant pour le bien-être collectif.
Depuis son plus jeune âge, Giorgia a toujours pris des responsabilités, notamment en tant que déléguée de classe, un rôle qu'elle occupe chaque année depuis le CP. À travers ce poste, elle veille au bonheur et à la cohésion de ses camarades de classe, assurant un environnement harmonieux et positif. En plus de son rôle de déléguée, Giorgia participe activement à des maraudes avec les "3e engagés" de son collège, distribuant nourriture et vêtements aux sans-abri en hiver. Une rencontre particulièrement marquante pour elle a été celle d'une femme mongolienne qui, malgré sa précarité, lui a offert des bonbons pour la remercier de son aide. Cet échange a profondément touché Giorgia, soulignant l'importance de la solidarité et de la reconnaissance mutuelle.
Giorgia est également investie dans des projets intergénérationnels à l'EHPAD de La Houlette, où elle échange avec les résidents sur leurs anciens métiers et organise des activités comme des lotos. Ces moments de partage intergénérationnel renforcent son désir de créer des liens entre des personnes d’âges et de milieux différents. Giorgia joue un rôle central dans l'amélioration du bien-être de ses camarades de classe, s'assurant que chacun se sente écouté et soutenu. Sa capacité à apporter des solutions aux problèmes renforce le climat de bienveillance au sein de sa classe. À travers les maraudes, Giorgia se confronte aux réalités difficiles des sans-abri, mais elle y trouve également des moments d’humanité et de fraternité. Son engagement dans cette cause lui permet de mieux comprendre la diversité des situations sociales. Les échanges avec les personnes âgées à l'EHPAD illustrent son désir de construire des ponts entre les générations. Pour Giorgia, ces projets apportent non seulement du réconfort aux résidents, mais enrichissent aussi son propre développement personnel.
Giorgia est profondément animée par les valeurs de fraternité, d’inclusion, et de persévérance. Pour elle, la fraternité ne se limite pas aux personnes partageant la même nationalité ou culture. Elle souligne l'importance de se sentir connecté avec les autres, quelles que soient les différences, car chacun a besoin de se sentir accepté et soutenu dans la communauté. Giorgia croit que créer des liens fraternels, même avec des étrangers ou des personnes isolées, est essentiel à l’harmonie sociale. L’inclusion est également un pilier de son engagement. Elle se donne pour mission d’assembler et d'unir des personnes de différentes origines sociales, culturelles et générationnelles, en favorisant la compréhension mutuelle et la cohésion. Cette volonté d'inclure et de rassembler guide ses choix d'engagement, qu'il s'agisse des maraudes ou des projets intergénérationnels. Enfin, la persévérance est une qualité qui caractérise Giorgia. Déterminée à mener à bien tous les projets qu’elle entreprend, elle croit que l’on doit persister même lorsque les défis se présentent. Pour elle, terminer ce que l’on a commencé est une source de satisfaction et de bonheur.
Marina
Morguon
Olga
Croiseau
« La fraternité, c'est souvent spontané, on aide les gens sans se poser de questions parce que c'est naturel. » (Olga)
« Il faut apprendre de ses parents et grands-parents, c'est la seule manière de savoir qui on est et de respecter ses racines. » (Marina)
« Je pense que la fraternité, c'est comprendre et accepter les différences des autres. Cela nous enrichit et nous rend plus proches. » (Olga)
« Il est important que les enfants sachent d'où ils viennent, qu'ils connaissent la valeur des grands-parents, des parents, pour mieux vivre avec les autres. » (Marina)
Marina Morgoun, d'origine russe, et Olga Croiseau, d'origine ukrainienne, sont deux femmes engagées à Pibrac dans des actions de solidarité et de transmission culturelle. Elles ont toutes deux émigrées en France après avoir vécu des expériences de vie marquées par des conflits et des déplacements. Marina, après avoir vécu en Algérie et en Russie, s'est installée en France avec ses cinq enfants. Olga, ingénieure textile, est arrivée en France pour y poursuivre une nouvelle vie, tout en restant active dans des initiatives culturelles.
Pour Marina Morgoun , l'accueil reçu en France a profondément marqué sa vision de la fraternité. Ayant quitté la Russie et l'Algérie après des moments de souffrance liés à la guerre et à la précarité, elle a trouvé refuge et soutien à Pibrac. Elle parle de l'accueil chaleureux qu'elle et sa famille ont reçu, et se sent aujourd'hui redevable de cet accueil. Ce sentiment d'avoir reçu de la solidarité française l'incite à redonner à son tour à la communauté. Marina voit son engagement professionnel dans une école comme un moyen de remercier la France pour l'opportunité d'un nouveau départ, et elle s'efforce de transmettre aux enfants les valeurs d'entraide et de respect culturel. Cette idée de fraternité réciproque est au cœur de son discours. Marina considère que lorsqu'on reçoit de l'aide, il est naturel de vouloir en donner en retour. Pour elle, la fraternité ne doit pas seulement se vivre de manière passive (en étant aidé), mais active (en aidant à son tour).
La transmission culturelle : un vecteur de fraternité
La transmission des valeurs et des cultures est un autre aspect central de la fraternité selon Marina et Olga. Toutes deux insistent sur l'importance de garder et transmettre leur héritage culturel à leurs enfants et aux nouvelles générations. Pour Marina, l'idée de transmettre les valeurs familiales à travers l'éducation des enfants est essentielle. Elle considère que ces valeurs sont une base solide qui permet de mieux comprendre le monde et de respecter les différences.
Olga, quant à elle, accorde une importance particulière à la préservation de l'identité culturelle. Ayant travaillé comme interprète pour des réfugiés ukrainiens et engagée dans des associations culturelles, elle se bat pour que ses compatriotes et leurs enfants ne perdent pas le lien avec leurs racines. Pour elle, la transmission de la culture passe aussi par l'organisation d'événements tels que des soirées slaves ou des cours de langue, qui permettent aux familles de maintenir un lien avec leur héritage. La culture, selon elle, est une richesse qu'il faut partager avec les autres, mais aussi protéger, pour que les générations futures puissent s'en inspirer.
Un autre aspect important de leur vision de la fraternité est l’équilibre entre l'intégration et le respect de l'identité individuelle. Olga partage une réflexion profonde sur le processus d'intégration, faisant que, pour elle, ce n'est pas nécessaire de devenir complètement similaire aux Français pour être bien intégré. Elle a vécu une phase de dissimulation de son identité, pensant qu'elle devait s'adapter totalement pour être acceptée. Cependant, avec le temps, elle a réalisé qu'il est possible de s'intégrer tout en restant fidèle à soi-même. Olga raconte comment elle a retrouvé de la confiance en elle en valorisant ses différences et en montrant ce qui la rend unique, plutôt que de chercher à se fondre dans la masse.
Marina et Olga partagent également la conviction que la fraternité est souvent spontanée et naturelle, un réflexe d'entraide qui ne demande pas de réflexion approfondie. Olga explique que, lorsqu'elle est venue en aide à des réfugiés ukrainiens à travers son travail d'interprète, cela lui semblait être une évidence. Elle souligne que la fraternité n'est pas un concept abstrait, mais une réaction humaine naturelle dans les moments de crise ou de besoin. Pour elles, cette spontanéité est un aspect fondamental de la fraternité : on n'aide pas les autres en calculant ou en réfléchissant trop longtemps, on le fait simplement parce que c'est juste.
Cette idée rejoint la notion que la fraternité, pour être authentique, doit être vécue dans les petites actions du quotidien. Marina et Olga ne cherchent pas à réaliser de grands gestes héroïques, mais à répondre aux besoins immédiats des personnes autour d'elles, que ce soit à travers des cours de langue, des événements culturels, ou des conseils aux nouveaux arrivants. Pour elles, ces actions sont autant de manifestations de la fraternité.
La transmission intergénérationnelle : éviter l'oubli
Un autre thème fort dans leur discours est la transmission intergénérationnelle. Olga insiste sur l'importance pour les enfants de savoir d'où ils viennent, d'apprendre l'histoire de leurs parents et grands-parents, afin de ne pas perdre le lien avec leurs racines. Pour elle, l’oubli est l'ennemi de la fraternité, car il rompt les chaînes de solidarité et de respect entre les générations. En racontant des histoires liées à leur culture et à leurs traditions, Marina et Olga souhaitent éduquer les enfants et leur montrer l'importance de l'histoire et des valeurs transmises par les anciens.
Olga raconte aussi l'importance de se souvenir des événements historiques, comme ceux de la Première Guerre mondiale ou de la Révolution russe, pour comprendre le parcours des familles cosaques qui se sont retrouvées en France. Ce travail de mémoire, selon elle, permet de renforcer les liens de fraternité en montrant que, malgré les différences culturelles, des histoires communes unissent souvent les peuples.
Pour Marina Morgoun et Olga Croiseau, la fraternité n'est pas seulement une valeur républicaine abstraite, mais une réalité vécue au quotidien à travers des actes concrets de partage, de transmission et de solidarité . Leur engagement dans la transmission culturelle et l'aide aux nouveaux arrivants reflète une vision de la fraternité qui repose sur l'entraide spontanée, la transmission des valeurs et des identités, et l'intégration respectueuse des différences. La fraternité, pour elles, c'est créer du lien entre les cultures, préserver la mémoire, et veiller à ce que chacun puisse trouver sa place dans une société plus solidaire.